Société et Morale

AuthorIoan Huma
PositionProfesseur d'Université. Université "Danubius" de Galati
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Il n'y a pas longtemps, la presse informait d'un débat de niveau académique dans une grande ville de notre pays, aux participants représentatifs de la vie intellectuelle, ayant pour objet «l'assainissement moral de la société roumaine». Avec un pessimisme pas du tout de circonstance, on peut quand même se demander: qui réussirait remplir ce desideratum et à quels instruments, tant que le plan moral de notre vie publique et privée supporte un clivage de fond, une rupture ontologique entre les composantes appelées à l'élever dans la lumière? Si la précarité morale, l'égoïsme et le cynisme dominent l'espace politique, des affaires, celui spirituel également, alors un tel assainissement moral est-il encore possible. Mais, d'abord, cette manière de poser le problème, est-il avenu?

Il est bien connu que l'impasse morale, peut-être même l'anomie de notre société sont la pointe de l'iceberg. On a affaire à une crise de système, d'ordre global axiologique. Dans le champ moral, elle se manifeste aussi par versatilité et verbiage. Et puis, c'est l'image qui est cultivée presque partout, et non pas le fond.

De toute façon, l'idée de l'assainissement moral, élevée au rang de projet, implique une stratégie de campagne, ce qui, dans la morale, n'aboutit qu'à l'échec. En réalité, la société en son ensemble doit être changée à la racine, on doit produire une profonde mutation ontologique, pour que l'on puisse également son changement moral. Les exhortations moralistes et moralisatrices ne comportent aucune force cathartique. Et l'appel, plus d'une fois entendue: «Unissons nos efforts pour assainir moralement la société!» nous apparaît come au moins stérile. Il résulterait que ceux qui se le proposeraient seraient a priori moraux et, en outre, qu'ils détiendraient les instruments d'une telle entreprise. Autant d'impuissance, autant d'orgueil!

Finalement, ce n'est pas la morale qui change la face de la société, mais la société comme organisme intégral assurant le perfectionnement moral. Certes, à cet égard, tant l'idéal, que les personnalités exemplaires peuvent jouer un rôle, assumé cependant dans le contexte des changements globaux, destinés à le soutenir. Le mental public, implicitement l'attitude morale ne s'ébranlent qu'en conditions de choc, de dégringolade et de bouleversement social. Le mental de la discontinuité est, selon nous, fondamental pour le saut escompté, ce pourquoi, sans l'ombre d'un doute, l'éducation représente le moment de la continuité - si nécessaire, pourtant! - de la perfectibilité. Là où il n'est pas de tradition institutionnalisée du Bien, des acquisitions culturelles, de...

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