Le Français - Langue Universelle, car aussi (et surtout) Langue du Droit!

AuthorConstantin Frosin
PositionProfesseur d'Université. Université «Danubius» de Galati
Pages1-5

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«Qui a le droit avec soi, peut aller le front haut».

Sophocle

Ce syntagme: Le Français, langue universelle, lequel, ces derniers jours, prête à sourire à certains endroits de la planète, cesse de faire sourire dès qu'il s'agit du Français en tant que langue du Droit, puisque le Droit est on ne peut plus universel!

Une langue universelle ou qui, tout au moins, aspire à l'universalité, est une langue acceptable en plusieurs moments de la durée et dans tous les pays où la langue française se rencontre. Des exemples d'écrivains français qui ont rendu le français universel par leurs écrits, il faut absolument citer Descartes, Voltaire, Pascal, Valéry et Bergson, tous - plus ou moins - des philosophes ou, si l'on préfère, des écrivains - philosophes!

Pour éviter de prêter le flanc à des critiques genre: «c'est un plaidoyer pro domo, il tire la couverture à soi, puisqu'il enseigne dans une Faculté de Droit», nous allons faire ressortir les traits qui font réellement du français une langue universelle, sans trop insister sur ses rapports avec le Droit, puisque ce sont ces traits eux-mêmes qui l'ont fait choisir par le français comme langue d'expression.

Par ailleurs, ce fut l'Académie de Berlin qui proposa, pour son concours d'éloquence, la question significative: «Qu'estce qui fait de la langue française la Langue universelle de l'Europe?» Rivarol consolida cette image proposée par les Allemands (!) par son Discours sur l'universalité de la langue française, qu'il clôt par des propos devenus célèbres: Ce qui n'est pas clair, n'est pas français!Page 2

Comme nous n'avons pas eu la chance de lire ce Discours de Rivarol, nous avons réuni quelques arguments que nous avons trouvés pertinents et illustratifs. Par exemple, les devises royales étaient en français: Honni soit qui mal y pense (datant de 1348) et Dieu et mon droit. La devise de la Hollande est française aussi: «Je maintiendrai».

Le maître de Dante, Brunetto Latini, écrivait en langue française, qu'il considérait comme «la parlure plus délitable et commune à toutes gens», id est, en français contemporains: «le parler le plus délectable/agréable et commun à tous/connu par tout un chacun». Marco Polo, le célèbre voyageur, dicte, en 1296, en français le récit de son voyage. L'inégalable Dante, ayant refusé le latin pour son œuvre, songeait à écrire la Divine Comédie en français!

D'autres exemples de l'incroyable usage qu'on faisait du français: Leibniz écrivait le plus souvent en français. Frédéric II de Prusse remplace le latin par le français à l'Académie de Berlin et correspond avec Voltaire. A Saint-Pétersbourg, les mémoires de l'Académie sont rédigés en français sous l'impératrice Catherine la Grande.

Plus près de nous, les Papes Paul VI et Jean-Paul II, reçus à l'ONU, y ont parlé en français! Les notes internationales du Vatican sont aussi en français.

Le grand disparu, regretté par nous tous: Léopold Senghor, le Président de l'Organisation Mondiale de la Francophonie, remarquait: «Le français est une langue à vocation universelle, de gentillesse et d'honnêteté, et il nous a fait don de ces mots abstraits et si rares dans nos langues

Et que dire du grand Benjamin Franklin (homme politique, physicien et publiciste américain, l'inventeur du paratonnerre, qui, après avoir rédigé avec Jefferson et John Adams la Déclaration d'Indépendance, en 1776, vint à Paris négocier l'alliance française, effective en 1778), qui affirmait: «Tout homme a deux patries, la sienne et puis la France».

Certes, le français n'a pas été de tout temps cette langue à vocation universelle, ne fût-ce que pour l'amour de la vérité contenue par l'observation que toute langue est un dialecte qui a réussi! En effet, des siècles durant, il n'y a pas eu de français, car il n'avait ni grammaire, ni normes. Le français s'origine dans le plus vulgaire des latins, celui des marchands, petits soldats, esclaves, souteneurs qui étaient en contact avec le peuple. Ce fut déjà un latin parlé, vulgaire, qui arriva en Gaule avec César, ayant peu de rapports avec la langue classique. Il faut admettre que, même vers la fin du XII e siècle, lorsqu'on commence à parler du français comme langue à part entière, il n'y a pas à proprement parler un...

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